Définition claire : on entend ici une famille de luths, non un modèle unique. Ces cordophones à long manche partagent des formes et des usages communs en Iran et dans les régions voisines.
Promesse : ce guide propose un mini-dictionnaire pour donner des noms, des formes, des repères de cordes, des techniques de jeu et le vocabulaire utile pour décrire chaque instrument.
Pourquoi parler d’« instruments proches » ? Parce qu’ils forment un air de famille organologique : cordes pincées, long manche, rôle mélodique. Les influences régionales entretiennent ces ressemblances.
Logique de lecture : nous partirons des définitions générales, puis distinguerons le târ persan et azéri, le setâr, le barbat/oud, puis les pièces souvent confondues comme le santur ou le qanun.
Cadre culturel minimal : ces instruments évoluent dans la musique traditionnelle et la musique savante (radif, mougham). L’article privilégie des repères concrets — matériaux, anatomie, nombre de cordes, ambitus, posture — pour éviter les confusions.
Comprendre le luth iranien dans la musique traditionnelle et classique
Comprendre ce terme demande d’observer la forme, l’usage et la façon de jouer.
Ce que recouvre le nom en contexte local : le mot peut désigner plusieurs cordophones à cordes pincées. Certains ont un long manche (târ, setâr), d’autres une caisse ronde (barbat/oud). Le public et les musiciens n’emploient pas toujours les mêmes étiquettes.
Critères simples d’identification :
- manche long ou caisse ronde;
- cordes en métal ou nylon jouées au plectre ou à l’ongle;
- jeu principalement mélodique, non accordal.
Dans la musique traditionnelle et la musique classique persane, l’ornementation et les micro-intervalles façonnent l’écoute. Le rôle de ces cordes pincées reste mélodique, souvent appuyé par des bourdons et des chœurs (cordes groupées).
Ce même « air de famille » cache toutefois des différences de forme, de technique de main droite et de main gauche, ainsi que des répertoires distincts — thèmes que nous détaillerons ensuite.
| Critère | Signes | Exemple |
|---|---|---|
| Manche | Long, frettes mobiles | Setâr, târ |
| Caisse | Ronde ou en cœur | Barbat/oud, târ |
| Jeu | Mélodique, ornementé | Radif, mougham |
Luth iranien : instruments proches, noms et spécificités
Les mots qui désignent ces cordophones reflètent des parcours géographiques et des réformes techniques.
Pourquoi plusieurs appellations coexistent
La variation des appellations vient de translittérations (târ/tar), des langues locales (persan, azéri, arabe) et d’héritages historiques. Au XIXe siècle, par exemple, Sadigjan a transformé le târ azéri, passant de 6 à 11 cordes et modifiant la posture de jeu.
Différences clés : forme, cordes, technique
Méthode pratique d’identification : commencez par la forme de la caisse (double-cœur, poire, caisse ronde). Comptez ensuite les cordes et observez la posture du musicien.
- Organisation des cordes : chœurs vs paires simples.
- Matériaux : bois, membrane ou table solide.
- Outils de pincement : plectre ou ongle, qui déterminent bien des effets sonores.
- Technique de main droite : gestes, tremolos, glissandi et vibrato selon le modèle.
À suivre : les sections suivantes offrent des fiches détaillées — définition, anatomie, cordes, jeu, ambitus et repères culturels.
Glossaire express des familles d’instruments iraniens
Avant de plonger dans les fiches détaillées, situons les familles sonores et leurs usages.
Voici une carte rapide pour repérer chaque instrument selon son mode de production du son.
Instruments à cordes pincées
Repères : târ, setâr, barbat/oud. Le qanun se pince aussi mais n’a pas de manche.
Instruments à cordes frottées
Kamancheh et qichak se jouent à l’archet. La texture sonore et la technique droite changent radicalement.
Percussions et vents — repères utiles
Daf, tonbak (percussions) et ney (vent) accompagnent souvent les cordes. Ces familles donnent la base rythmique et la couleur d’ensemble.
- Vocabulaire minimal : caisse, manche, cordes, plectre, archet.
- Ce glossaire sert de carte avant d’aborder la lutherie et les fiches détaillées.
| Famille | Exemples | Mode de jeu |
|---|---|---|
| Cordes pincées | târ, setâr, barbat/oud, qanun | Pincement au plectre ou à l’ongle |
| Cordes frottées | kamancheh, qichak | Archet — son soutenu |
| Percussion / Vent | daf, tonbak, ney | Rythme et souffle |
Le târ persan : définition, forme et identité
Définition. Le târ est un luth à cordes pincées, doté d’un long manche et d’une caisse en double cœur. Sa voix tient au contact d’une membrane qui colore le timbre et favorise les harmoniques.
Étymologie et vocabulaire. Le mot تار (târ) signifie « corde » en persan. On appelle souvent le musicien un tarzen pour préciser le rôle de celui qui joue.
La silhouette se lit vite : un corps en forme de huit, un manche étroit et une touche conçue pour la mélodie plutôt que pour l’harmonie. Cette conception privilégie la ligne et les ornements.
Sur le plan musical, le târ tient une place majeure dans la musique classique persane. Il structure l’apprentissage du radif et sert souvent de référence pour les notes et l’expression mélodique.

| Caractéristique | Description | Repère |
|---|---|---|
| Corps | Double cœur en bois avec membrane | Forme en huit |
| Manche | Long, touche avec frettes | Adapté au jeu mélodique |
| Cordes | Chœurs métalliques, timbre brillant | Usage dans le radif |
Transition. Le même nom existe dans d’autres traditions; le târ azéri en est une évolution qui diffère par la structure et le jeu. Nous y reviendrons dans la section suivante.
Le târ azéri : spécificités et évolutions modernes
La mutation du tar, portée par Sadigjan, modifie autant la facture que la posture de jeu.
Au XIXe siècle, Mirza Sadig Asad oglou (Sadigjan) augmente les cordes du tar azéri de 6 à 11. Cette réforme donne plus de richesse harmonique et une meilleure projection sur scène.
Le changement de port est aussi majeur. Dans certaines traditions le maintien se faisait sur le genou. Après la réforme, la tenue sur la poitrine devient fréquente. Cette position élève la caisse et modifie le geste.
- Impact sur la main droite : attaque et trajectoire du plectre évoluent, ouvrant un jeu plus vigoureux.
- Impact sur la main gauche : l’accès aux positions s’améliore, facilitant les ornements rapides.
Le tar occupe une place centrale dans le mougham azerbaïdjanais, souvent en trio avec kamantcha et gaval. La reconnaissance UNESCO (mougham 2003 ; facture et pratique du tar 2012) confirme une transmission vivante.
| Caractéristique | Azéri | Persan |
|---|---|---|
| Siècle de réforme | XIXe (Sadigjan) | évolutions séparées |
| Cordes | 11 (augmentées) | 6 en version classique |
| Posture | Poitrine (scénique) | Genou (traditionnel) |
| Matériau notable | cordes métal possibles | chœurs et membrane |
Pour des repères et sources techniques, consultez ces ressources sur le mougham.
Anatomie du târ : parties, matériaux et vocabulaire de lutherie
La structure du târ se lit autant à l’œil qu’au toucher. Chaque partie a une fonction acoustique précise. Voici un schéma verbal pour repérer la caisse, la table, le manche, les points d’attache et les organes mobiles.
Corps en mûrier et forme double « huit »
Le corps est taillé dans un bloc de mûrier, évidé puis recollé. Sa forme en huit, dite « double cœur », influence la résonance et la projection.
Membrane péricarde et zone du chevalet
La table fine en péricarde (taureau ou veau) colore le timbre et augmente la réponse. Cette membrane rend la zone du chevalet particulièrement fragile.
Le chevalet en os repose sur la membrane et tient par une cordelette. Un coup de plectre trop appuyé peut endommager cette jonction.
Manche, touche et renforts en os
Le manche est souvent en noyer. La touche reçoit deux bandes d’os qui protègent le contact des cordes et améliorent l’attaque.
Chevilles, cordelettes et système d’attache
Les chevilles assurent l’accordage. Certaines cordes passent par des cordelettes avant les chevilles, particularité pratique et acoustique.
Frettes amovibles en boyau
Les frettes sont nouées en boyau et mobiles (environ 25). Elles permettent d’ajuster les intervalles selon les modes et la sensibilité du musicien.
Cordes du târ : chœurs, métal et registres
Les cordes façonnent le caractère sonore du târ bien avant la touche et le chevalet.
Jouer en chœurs signifie que deux cordes sont tendues à l’unisson ou très proches. Elles épaississent le son et stabilisent la projection. Le geste du plectre frappe alors une paire, produisant plus d’attaque et de sustain.
La matière majoritaire est le métal (acier, cuivre plaqué). Ce choix donne une attaque franche, une brillance prononcée et favorise les techniques rapides au plectre.
Le bourdon est une grosse corde grave qui sert de repère auditif. Il soutient la modalité et crée un socle pour la mélodie, surtout dans le répertoire mougham.
L’évolution historique des cordes va du târ à 5 cordes au modèle persan standard à 6 (ajout attribué à Darvish Khan). Le tar azéri atteint aujourd’hui 11 cordes, élargissant les registres sans transformer le rôle mélodique.
Cette configuration des cordes explique les effets possibles et les limites pratiques de tessiture. Les sections suivantes détailleront le jeu et l’ambitus.
| Type | Configuration | Effet sonore |
|---|---|---|
| Persan | 6 cordes en 3 chœurs (acier/cuivre) | Attaque brillante, chœurs épaissis |
| Historique | 5 → 6 cordes (ajout moderne) | Extension du registre grave |
| Azéri moderne | 11 cordes avec grosse corde (bourdon) | Plus de couleurs et soutien grave |
Jeu du târ : main droite, main gauche et techniques
Le geste qui façonne le son du târ commence par la tenue du plectre et le mouvement du poignet. Un petit plectre en métal (laiton/bronze) est courant; on trouve aussi des modèles en os ou en ébonite. Il est souvent entouré de cire pour stabiliser la prise.
La tenue se fait entre le pouce et l’index. La main droite travaille le poignet pour alterner vitesse et précision. On distingue les systèmes appelés ustmizrab ou altmizrab et leurs variantes.
La main gauche doit rester alerte : elle produit ornements rapides et changements de position. Les micro-ajustements de hauteur sont essentiels car la musique modale privilégie la ligne mélodique, pas les accords plaqués.
Techniques et effets
Parmi les techniques de plectre, notez :
- Glissando (surushdurma barmag) — glissement expressif entre notes;
- Vibration (dartma sim) — micro-oscillations pour colorer la note;
- Attaques alternées et trilles rapides pour l’agilité rythmique;
- Khum — tenue résonnante obtenue en serrant l’instrument contre la poitrine.
Relation geste‑son : cordes en métal + membrane + plectre = articulation vive. Ce combo favorise les motifs rapides (ex. chaharmezrab) et la clarté des notes.
Pour écouter et reconnaître ces gestes, cherchez enregistrements avec les termes ustmizrab, altmizrab, surushdurma barmag, dartma sim et khum.
Ambitus, notation et repères de sons pour le târ
Pour situer la tessiture du târ, il faut d’abord fixer une plage de notes concrète. L’ambitus habituel est d’environ 2,5 octaves, soit du Do2 au Sol4. La notation se fait couramment en clef de sol, ce qui facilite la lecture pour les musiciens formés à la pratique occidentale.
Étendue indicative et lecture
Par « ambitus » on entend ici l’étendue réellement exploitée en concert ou en atelier, pas le maximum théorique. Ce repère aide à comparer le târ à d’autres cordes longues et à anticiper l’usage des registres graves et aigus.
Couleur sonore liée à la membrane et aux cordes
La combinaison d’une membrane fine et de cordes en métal donne des sons à la fois claquants et brillants. L’attaque est nette, la projection forte ; la résonance possède un grain particulier qui rend chaque note reconnaissable.
Pour repérer un târ à l’écoute, cherchez la brillance et la présence. Un setâr apparaîtra plus doux et moins projeté. Le réglage du chevalet et le choix des cordes influent fortement sur la justesse et la réponse dynamique.
| Attribut | Repère | Effet |
|---|---|---|
| Ambitus | Do2 – Sol4 (~2,5 octaves) | Largeurs mélodiques et modales |
| Notation | Clef de sol | Simplifie la lecture |
| Couleur | Membrane + cordes métal | Attaque vive, résonance claquante |
Transition : la tessiture et la notation peuvent varier selon les traditions et les sources ; la section suivante compare ces choix avec le setâr.
Le setâr : un petit luth persan au timbre doux
Petit par la taille mais riche par le détail, le setâr incarne une esthétique de finesse. Sa voix reste plus intime et moins projetée que celle du târ, tout en offrant une grande palette expressive.
Origine et cordes : le mot setâr signifie « trois cordes » à l’origine, mais l’instrument moderne porte souvent quatre cordes. La quatrième, ajoutée par Mushtaq Ali Shah, est connue sous le nom de Mushtaq. Ce changement élargit le registre sans altérer la nature mélodique de l’instrument.
Forme, manche et frettes
La caisse a une forme en poire et un long manche qui facilite les glissés et ornements. Les frettes sont mobiles, nouées en boyau, et varient généralement entre 22 et 28 selon le facteur.
Technique et matériaux
Le jeu se pratique au long ongle de l’index, produisant une ligne mélodique enrichie d’un léger bourdonnement de fond. Les bois usuels sont le noyer et le mûrier, avec quatre chevilles d’accordage qui assurent stabilité et tenue.
Pour approfondir la place du setâr dans la tradition, voyez ce guide sur setâr traditionnel.
Setâr : tailles, modèles et impact sur la sonorité
La taille d’un setâr influe directement sur sa voix et sur le confort du musicien. La relation entre caisse, touche et manche conditionne le timbre et la facilité du jeu.
Repères dimensionnels. Une caisse mesure généralement ~22 à 30 cm. La longueur de touche varie entre 40 et 48 cm. La largeur de touche se situe autour de 3 à 3,5 cm.
Ces chiffres aident à comparer une annonce ou un instrument en boutique. Une caisse plus grande donne plus de graves et de présence. Une caisse petite favorise des sons plus aigus et une projection différente.
Largeur/longueur de touche et confort de la main gauche
Une touche plus longue facilite les glissés et les positions éloignées. Une largeur réduite favorise les ornements rapides pour la main gauche. La combinaison longueur/largeur change la posture du manche et l’aisance des doigts.
Modèles Hashemi et Kamaliyan
Hashemi : caisse petite → son plus haut, meilleur pour le jeu intime ou le soliste en chambre.
Kamaliyan : caisse grande → plus de basses, rondeur et projection utile sur scène ou en accompagnement.
« Choisir un modèle dépend autant du répertoire que de la morphologie de la main. »
Logique de choix : débutant cherche confort et clarté; confirmé choisit selon timbre recherché. La forme de la caisse (poire vs ronde) transforme le comportement acoustique, préparation idéale pour la section suivante sur le barbat/oud.
| Attribut | Indication | Effet |
|---|---|---|
| Caisse | 22–30 cm | Graves vs aigus |
| Longueur touche | 40–48 cm | Glissés, positions |
| Largeur touche | 3–3,5 cm | Confort main gauche |
Barbat et oud : le luth iranien à caisse ronde
Le barbat/oud se distingue par sa caisse ronde et sa voix ample. Ce modèle offre une couleur sonore plus chaude que les instruments à long manche, comme le târ ou le setâr.
Nom et origine : en persan on parle de barbat, tandis que dans l’usage arabe et international on dit oud. Ce double nom aide à repérer le même instrument dans des catalogues ou des partitions.
Cordes par paires : la plupart des exemplaires présentent des cordes groupées en chœurs. On trouve couramment 10 cordes en 5 paires, ce qui crée une sensation de largeur sonore.
Le jeu sur ces chœurs influence l’accordage et la technique du doigté. Les paires renforcent le sustain et la densité harmonique.
Tessiture et rôle : l’ambitus se situe généralement autour de deux octaves. Cette tessiture permet d’assurer l’accompagnement tout en prenant parfois la mélodie.
Par rapport au târ, la caisse ronde offre plus de sustain, plus de rondeur et une meilleure profondeur. En conséquence, l’oud/barbat sert souvent d’appui harmonique dans les ensembles.

| Attribut | Repère | Effet sonore |
|---|---|---|
| Forme | Caisse ronde | Rondeur, sustain |
| Cordage | 10 cordes (5 paires) typique | Densité, chœurs riches |
| Tessiture / ambitus | ~2 octaves | Accompagnement & mélodie |
| Comparaison | vs târ/setâr | Moins d’attaque, plus de profondeur |
Instruments proches à distinguer du luth iranien
Les recherches mêlent parfois des instruments distincts ; voici comment les séparer visuellement et auditivement.
Santur
Fiche courte : instrument trapézoïdal à cordes frappées avec deux mailloches. Le jeu produit des attaques rapides et un timbre scintillant.
Rôle : souvent très virtuose au sein d’un ensemble, le santur illumine les textures rythmiques.
Qanun
Fiche courte : table trapézoïdale sans manche ; les cordes se pincent au doigt. Le jeu utilise fréquemment des index équipés de plectres ou de dispositifs pour le doigt.
Logique : c’est un instrument cordes pincées dont la modulation se fait par levier et micro‑altérations, différente de la façon de jouer un manche.
Kamancheh et qichak
Ce sont des instruments à cordes frottées à l’archet. Tenus verticalement, ils offrent une continuité sonore proche du chant.
La façon d’excitation (archet vs plectre/mailloche) change totalement la perception des sons et du phrasé.
- Test visuel : archet présent → kamancheh/qichak.
- Mailloches → santur.
- Absence de manche, forme trapézoïdale → qanun.
Conseil recherche : si vous cherchez un vrai târ, visez târ, setâr ou barbat plutôt que ces types.
Contexte historique et diffusion régionale des luths iraniens
La diffusion des cordophones à long manche épouse des frontières culturelles larges, du Caucase à l’Asie centrale.
Présence régionale
Ces modèles se rencontrent en Iran, en Azerbaïdjan, au Kurdistan, en Géorgie et en Arménie. On les retrouve aussi en Turquie, en Ouzbékistan et au Tadjikistan.
Variantes locales : la facture, le nombre de cordes et la posture changent selon les traditions et les répertoires.
Époque qajare et modernisation
Au XIXe siècle, l’époque qajare a structuré la pratique savante. Des réformes techniques et pédagogiques apparaissent alors.
La transformation la plus marquante concerne le tar azéri : Sadigjan modifie la construction et la tenue. Le geste scénique évolue; la projection devient une priorité.
Scène, écoles et standards
La modernisation s’exprime par la création d’orchestres, d’écoles et de méthodes. Ces changements imposent des standards pour les cordes, la posture et la virtuosité.
Conclusion courte : comprendre cette histoire aide à saisir pourquoi les choix actuels — matière des cordes, nombre de chœurs, positions — forment un héritage vivant.
| Époque | Phénomène | Conséquence |
|---|---|---|
| Qajare (XIXe) | Réformes (ex. Sadigjan) | Standardisation, scène |
| XXe–XXIe | Écoles et orchestres | Pérennité des styles |
Rôle culturel, répertoires et transmission
La place du târ dans la vie musicale dépasse le simple rôle d’un soliste : il structure cérémonies, concerts et moments d’apprentissage.
Trio mougham et scènes contemporaines
Repère d’écoute : dans le mougham, le trio — tar, kamantcha, gaval — répartit clairement les rôles.
Le tar porte la ligne mélodique principale, le kamantcha répond comme une voix seconde, le gaval assure la pulsation. Ensemble, ils accompagnent souvent le chant.
Sur la scène contemporaine, ces formations côtoient l’orchestre, le jazz et même des opéras inspirés du répertoire traditionnel. La tradition reste vivante et ouverte au monde.
Enseignement, manuels et écoles
La transmission s’est institutionnalisée au XXe siècle. À Bakou, le Collège musical d’Assaf Zeynalli existe dès 1935.
Le premier manuel notable vient de Said Rustamov et l’orchestre national créé en 1931 par Uzeyir Hajibeyli et Muslim Magomayev a structuré la diffusion.
En Iran, le târ joue un rôle clé dans l’édition du radif ; cette codification influence les exercices, les positions et le jeu des élèves.
| Fonction | Exemple | Impact |
|---|---|---|
| Cérémonie & concert | Mougham trio | Accompagnement du chant |
| Éducation | Collège, manuels | Standardisation du temps d’apprentissage |
| Scène contemporaine | Orchestre / jazz | Renouvellement du répertoire |
« Le partage entre tradition et innovation assure la survie des répertoires et la richesse des notes jouées. »
Mini-lexique transversal pour décrire un luth iranien
Avant toute description technique, posons des repères simples et réutilisables. Ce mini‑lexique permet d’écrire une fiche claire et comparable entre modèles.
Corps, caisse, base, cœur, table/membrane
Corps / caisse / base : désignent l’enveloppe résonante. Le corps en double cœur du târ utilise une membrane fine; le setâr a une table en bois solide.
Table / membrane : la membrane colore le timbre; la table en bois donne une voix plus douce.
Manche, touche, frettes, chevilles, chevalet
Manche : partie tenue par la main gauche; la touche porte les frettes amovibles. Les chevilles règlent la tension des cordes; le chevalet transmet la vibration à la table.
Cordes, chœurs, bourdon, ambitus, notes
Cordes / corde : préciser nombre, organisation en chœurs et présence d’un bourdon. Pour écrire une configuration : « 6 cordes en 3 chœurs, bourdon grave ».
Ambitus / notes : indiquer la tessiture en octaves et des repères de notes (ex. Do2–Sol4).
Main droite, main gauche, index, doigté, jeu
Main droite / main gauche : décrire le geste : plectre tenu pouce‑index, attaque ou legato. Parlez du doigté et des doigts impliqués pour préciser le jeu (ornements, glissandi, trilles).
| Terme | Définition brève | Exemple concret |
|---|---|---|
| Corps / base | Enveloppe résonante | Double cœur + membrane (târ) |
| Manche / touche | Zone de doigté | Manche noyer + bandes d’os |
| Cordes / chœurs | Ensemble des cordes | 6 cordes en 3 chœurs, bourdon présent |
Conclusion
Terminons par une synthèse pratique : comment lire la forme, le cordage et le geste. ,
Retenez une méthode simple : le nom et ses variantes, la forme de la caisse, le type de cordes, la présence d’une membrane et le style de jeu de la main.
Trois piliers sonores se dégagent : le târ (double cœur, membrane, plectre), le setâr (poire, quatre cordes, jeu à l’ongle) et le barbat/oud (caisse ronde, chœurs en paires).
Distinction essentielle : cordes pincées versus cordes frappées (santur) et cordes frottées (kamancheh). Le mini‑lexique fourni vous aide à mieux écouter, décrire ou acheter.
Enfin, la transmission reste vivante : réformes, écoles et reconnaissances patrimoniales confirment que ces modèles traversent le temps et le monde de la musique.
