Instrument de musique luth : tout comprendre en une page

L'instrument de musique luth : tout comprendre en une page. Informations détaillées et conseils pour les musiciens.

Promesse : ce guide propose une synthèse claire sur le luth, sa définition, son histoire et ses usages.

Vous trouverez des réponses pratiques : à quoi ressemble cet instrument, comment l’accorder, et ce qui le distingue de la guitare.

Le texte situe le luth dans la musique ancienne et actuelle, du rôle central aux XVIe–XVIIe siècles au renouveau tardif du XIXe siècle. Il explique l’origine orientale via l’oud et la filiation arabe.

Vocabulaire clé : cordes, chœurs, chanterelle, frettes, diapason, tablature.

Parcours de lecture : d’abord comprendre ce qu’est l’instrument, puis son origine (oud → Europe), suivi de la construction (caisse, table, manche), des cordes et de l’accord, enfin l’apprentissage et l’écoute.

Pour approfondir l’histoire du luth et ses configurations, ce guide sert de référence pratique et de point d’entrée pour jouer ou écouter.

Table of Contents

Qu’est-ce qu’un luth et à quelle famille d’instruments appartient-il ?

Apparu sous de nombreuses formes, le luth désigne un ensemble d’objets à cordes pincées, conçus pour être joués aux doigts. La plupart des modèles présentent des cordes groupées en chœurs et une silhouette en poire avec une tête souvent coudée.

Dans le système Hornbostel‑Sachs, le mot peut couvrir tout instrument dont les cordes sont parallèles à un manche. Autrement dit, la notion organologique dépasse le luth Renaissance ou baroque le plus connu.

Comparé à la guitare, le geste est proche : on pince. Mais la construction diffère : chœurs doubles, chevilles coudées, rosaces sculptées et tablature spécifique. Le résultat sonore est plus doux, moins projecté, riche en nuances et en polyphonie intime.

Pour situer le paysage des instruments à cordes pincées dans le monde, on évoquera plus loin le théorbe, l’archiluth et l’oud. Attention : reconnaître un luth à la silhouette aide, mais il existe de nombreuses variantes historiques.

Origine et diffusion du luth : de l’oud oriental au luth occidental

L’histoire du luth commence au Proche‑Orient, avec l’oud qui voyage vers l’Europe via la péninsule ibérique. Le mot lui‑même vient de l’arabe al‑ʿūd, témoin des échanges entre cultures méditerranéennes.

A beautifully crafted luth, positioned as the central foreground element, showcasing its intricate wooden body and ornate rosette detailing. The luth features a rich, warm finish that highlights the natural grain of the wood. In the middle ground, an elegant backdrop with soft musical notes subtly illuminated, symbolizing the journey from the oud to the Western lute. The atmosphere should be warm and inviting, evoking a sense of history and cultural exchange. Utilize dramatic, soft lighting to create gentle shadows that enhance the contours of the luth. Capture the scene from a slightly elevated angle to showcase both the front and side of the instrument, emphasizing its craftsmanship and design. The background should be softly blurred to create a dreamy effect, enhancing the focus on the luth without distractions.

Racines persanes et arabes

L’oud originel a un manche court et sans frettes. Il joue surtout des lignes mélodiques monodiques. Ce rôle contraste avec la forme qui va naître en Europe.

Arrivée en Europe et tournant du XIVe siècle

Arrivé via l’Espagne sous influence mauresque, le luth change de construction au XIVe siècle. L’ajout de frettes et l’allongement du manche permettent la polyphonie.

Du jeu monodique à la polyphonie

Les frettes facilitent l’accord précis et la superposition de voix. Le résultat place l’instrument au cœur des cours et des salons. La demande pour des harmonies plus riches pousse la diversification des formes et des accordages.

En somme, cette filiation explique la lutherie (caisse en côtes, tête coudée) et la variété observée selon pays et répertoires.

Les grands types de luths : oud et formes occidentales

Le paysage des luths se partage entre la tradition arabe et les développements européens. Ces deux familles diffèrent par le jeu, la silhouette et le rôle sonore.

Rôle actuel de l’oud

L’oud reste central au Maghreb et au Proche‑Orient. Son jeu privilégie la ligne mélodique et l’ornementation.

Il possède souvent peu ou pas de frettes. Le timbre est chantant, adapté aux modes et aux improvisations.

Évolution du luth occidental

La version occidentale vise la polyphonie. Au fil des siècles, on ajoute des chœurs graves pour élargir la tessiture.

Repères visuels : Renaissance (6–8 chœurs), pré‑baroque (plusieurs chœurs), baroque (jusqu’à 13 chœurs). Quand le besoin de basses augmente, naissent le théorbe et l’archiluth.

Type Usage Nombre de chœurs Repère d’écoute
Oud Melodique (Afrique du Nord, Moyen‑Orient) 1–6 Ligne chantante, ornements
Luth occidental Polyphonique (Ren. → Baroque) 6–13 Accords brisés, contrepoint
Théorbe / Archiluth Accompagnement, basses étendues supplémentaires Continuo, basse continue

Pour apprendre à identifier ce que vous voyez ou entendez, comparez trois pistes : oud solo, luth renaissance et luth baroque. Vous percevrez vite la différence de texture et d’usage.

Pour un complément historique et des exemples d’instruments, consultez la histoire du luth.

Instrument de musique luth : tout comprendre en une page

Avant d’écouter ou d’acheter, identifiez ce qui fait le caractère sonore du luth. Ce repérage facilite le choix et oriente le jeu.

A beautifully crafted luth, featuring intricate woodwork and elegant curves, is set in a warm, inviting room filled with soft, natural light. In the foreground, the luth rests on a polished wooden table, showcasing its fine details, such as the delicate inlays and polished strings. In the middle ground, sheet music with classical compositions lies next to the instrument, hinting at its musical context. In the background, a cozy ambiance is created with blurred shelves filled with music books and a gentle glow from a nearby lamp. The mood is serene and artistic, evoking a sense of creativity and passion for music. The angle captures the luth at a slight perspective, emphasizing its unique shape and craftsmanship.

Checklist pratique

  • Type : Renaissance ou baroque.
  • Nombre de chœurs : influence directe sur la densité harmonique.
  • Matériaux : table en épicéa, dos en essences variées, touche en bois dur.
  • Accord visé et diapason : non standardisés, vérifier la tension prévue.
  • Cordes : boyau ou métal, elles modifient le timbre et la projection.

Taille et diapason changent la sensation : une table plus grande favorise les graves. Une corde plus tendue donne un registre plus brillant. Le diapason influe sur la justesse perçue.

Les matériaux jouent sur la couleur. L’épicéa offre clarté et réponse rapide. Les bois du dos apportent chaleur et sustain. La touche en ébène accentue l’attaque.

Enfin, les chœurs déterminent la richesse harmonique. Plus il y en a, plus le grave paraît profond. Cette clé aide à distinguer un luth baroque d’un modèle Renaissance à l’oreille.

Pour comprendre l’instrument pièce par pièce, consultez aussi l’histoire du luth et poursuivez vers l’anatomie.

Anatomie du luth : forme, caisse, manche et détails de lutherie

La structure du luth se lit comme un plan en coupe : la caisse crée le volume, la table projette le son, le manche et la touche accueillent le jeu, la tête et les chevilles assurent l’accord.

La caisse en poire et le dos en côtes

La caisse présente une forme en poire. Le dos se compose de côtes de bois collées bord à bord (lamellé‑collé).

Ce coffrage rond est léger et rigide. Il donne une réponse rapide et favorise l’harmonie des chœurs. Des renforts internes en bandes de parchemin renforcent les zones sollicitées.

Table en épicéa et rosaces

La table est souvent en épicéa. Sa finesse influence la clarté et la projection.

La rosace, sculptée dans la table, est une signature visuelle. Elle module la diffusion de l’air différemment d’une rosace moderne ouverte.

Manche, touche et ergonomie

Le manche est large pour accueillir plusieurs chœurs. La touche, souvent en ébène, se trouve au même niveau que la table, favorisant l’ergonomie historique.

Tête coudée et chevilles coniques

L’angle de la tête atteint près de 90° sur la plupart des modèles anciens. Cette disposition plaque les cordes et maintient la tension avec peu d’effort.

Les chevilles coniques tiennent par friction. L’accord demande un geste précis; la stabilité dépend de l’ajustement et de la qualité du perçage.

Que regarder sur une photo

  • Les côtes du dos pour vérifier la construction.
  • La rosace pour identifier le style de table.
  • L’angle de la tête pour repérer un modèle ancien.

Cordes, chœurs et matériaux : comprendre la logique du luth

La combinaison des cordes, de leur matière et du nombre de chœurs fixe l’identité sonore du luth.

A beautifully crafted lute displayed prominently in the foreground, showcasing its elegant wooden body, intricate rosette, and vibrant strings. The lute's strings glimmer under soft, warm lighting, emphasizing their varied thickness and materials. In the middle ground, a selection of musical choral scores is arranged artfully, hinting at the harmony that the lute can produce. The background features a softly blurred, rustic room with shelves filled with musical instruments and a window letting in gentle natural light, creating an inviting atmosphere. The entire scene conveys a sense of craftsmanship and musical tradition, ideal for understanding the essence of lutes and their strings. The image should be captured from a slight angle to highlight the lute’s contours, with a focus on detail and texture.

Différence corde / chœur : une corde est un fil ; un chœur est un groupe joué comme une seule voix. Sur la plupart des modèles historiques, un chœur rassemble deux cordes accordées à l’unisson.

Les cordes sont majoritairement en boyau. Le boyau donne un timbre chaud, une attaque douce et une grande sensibilité à l’humidité. Le métal apparaît parfois ; il accroît la brillance et la tension, mais reste minoritaire dans la tradition.

Dans l’aigu et le médium, les chœurs sont souvent à unisson pour la clarté. Dans les graves, on ajoute parfois l’octave pour enrichir la couleur sans alourdir la tension.

Époque Chœurs Cordes approximatives Effet sonore
Renaissance 6–8 12–15 Clarté, polyphonie
Pré‑baroque 9–10 17–19 Étendue médium‑grave
Baroque 11–13 20–24 Richesse harmonique, basses étendues

Plus de chœurs ne signifie pas seulement plus de volume : cela ajoute des registres et des options harmoniques. La logique des chœurs conditionne ensuite les systèmes d’accord et les choix stylistiques au XVIIe siècle, sujet de la section suivante.

Accord du luth : pratiques Renaissance, diversité au XVIIe siècle et « ré mineur » en France

L’accord du luth varie suivant l’époque, le lieu et le répertoire. Il n’existe pas de standard unique, ce qui surprend souvent l’auditeur ou le joueur.

En prolongement de  Les accessoires essentiels pour violonistes

A beautifully crafted Renaissance luth set against a richly detailed backdrop that invokes the 17th-century ambiance. In the foreground, the luth is positioned elegantly on a wooden table, showcasing its intricate inlays and smooth curves, reflecting soft natural light that highlights its polished surface. The middle ground features sheets of period music with notes in “ré mineur,” subtly hinting at the luth's historical context. The background showcases a dimly lit, ornate room with tapestries and flickering candlelight, enhancing the atmosphere of a Renaissance music salon. The image conveys a sense of warmth and nostalgia, inviting the viewer to appreciate the beauty of this historical string instrument.

Accord Renaissance à 6 chœurs

La règle courante repose sur des quartes entre la plupart des chœurs, avec une tierce majeure centrale entre le 4e et le 3e. Cette architecture facilite la polyphonie et les doigtés sur un manche étroit.

Ajouter des chœurs graves

Les chœurs graves étendent la tessiture mais posent des limites à la main gauche. Les basses sont souvent jouées à vide ou diatoniquement pour éviter des étirements difficiles.

Le XVIIe siècle en France

Le xvii siècle voit une grande diversité d’accords, puis une stabilisation autour d’un tempérament dit « en ré mineur » pour le luth français. Ces choix favorisent des résonances typiques du style.

Repères historiques

Nom Série Usage
Vieux ton (XVIe) sol – do – fa – la – ré – sol Répertoires anciens
Nouveau ton (XVIIe) la – ré – fa – la – ré – fa Pratique française baroque

Conseil : pensez en intervalles (quartes/tierce) plutôt qu’en notes absolues. Le même accord écrit peut sonner différemment selon le diapason et l’instrument.

Diapason et justesse : pourquoi il n’existe pas de standard universel

La hauteur de référence, souvent appelée diapason, fixe la note qui sert de repère pour tout instrument. On se réfère fréquemment au la3. Cette référence détermine la hauteur réelle jouée et la tension des cordes.

Historiquement, le diapason varie fortement : on observe des valeurs situées entre la3 = 392 Hz et 470 Hz. Cette plage change la justesse, la sensation de brillance ou de gravité, ainsi que le confort de jeu.

Il n’existe pas de norme unique au XVIIe siècle ni plus tard. Les choix dépendent des pays, du répertoire, des contraintes de facture et des voix ou vents qui accompagnent. Un même morceau peut donc sonner différemment selon l’ensemble.

La position des frettes en boyau influe aussi sur la justesse : elles sont souvent ajustables et complètent le réglage du diapason.

Astuce d’écoute : un diapason bas n’est pas synonyme d’« instrument faux ». C’est souvent un choix historique. Pour apprendre, commencez par identifier le diapason visé (solo ou ensemble) avant d’accorder.

Apprendre à jouer du luth : technique, main gauche et lecture en tablature

La pratique du luth combine gestes précis et oreille fine. Le point essentiel est le jeu aux doigts : il faut contrôler l’attaque, l’angle et la dynamique pour moduler les nuances.

Pour un son propre, alternez les doigts de la main droite et soignez l’articulation. Contrôlez la résonance des chœurs pour équilibrer les voix en polyphonie.

Technique de la main gauche

La main gauche exige précision et placement sur la touche. Le manche large demande des ajustements des doigts pour éviter les bourdonnements.

Les frettes en boyau sont nouées et réglables. Elles offrent de la flexibilité historique mais obligent à écouter la justesse et à déplacer les frettes si nécessaire.

Ornementation et style

Les trilles, mordants et glissandos forment un langage expressif. Leur exécution varie selon l’école (notamment française) : rythme et élégance importent plus que la vitesse brute.

Lire la tablature

La tablature indique la position des doigts plutôt que les hauteurs absolues. C’est souvent plus visuel pour les débutants et facilite la prise en main rapide du répertoire.

Aspect Conseil Objectif
Jeu aux doigts Alterner, contrôler l’angle Nuances et clarté
Main gauche Placer précisément, ajuster frettes Justesse et confort
Tablature Lire positions, comparer enregistrements Compréhension rapide du doigté

Pour débuter, travaillez lentement sur danses simples et écoutez des musiciens reconnus. Une ressource utile pour approfondir la pratique se trouve sur forum et exercices.

Le luth à la Renaissance : âge d’or, rôles musicaux et esthétique sonore

La Renaissance marque l’apogée du luth, qui prend place dans les salons, les chambres privées et les cours princières. Son timbre reste intime, invitant l’auditeur à se rapprocher pour percevoir les nuances.

Un instrument intime

Les rassemblements domestiques privilégient le luth pour son grain doux et sa délicatesse. On le retrouve aussi aux festivals locaux, lorsque l’acoustique favorise l’écoute rapprochée.

Polyphonie et répertoire

Le répertoire comprend danses (pavanes, gaillardes), fantasias et pièces solistes. Le luth sait « faire plusieurs voix » : contrepoints et accords brisés bâtissent la texture.

Pratique et évolution

La plupart des modèles portent six chœurs à cette époque ; l’ajout de chœurs graves suit le besoin d’étendre la tessiture. Articulation, gestion des résonances et ornementation servent la rhétorique musicale.

« Écoutez la fantaisie pour repérer le contrepoint; écoutez la danse pour sentir la pulsation. »

Cette esthétique prépare le siècle suivant, où l’extension des basses donnera naissance au théorbe et à d’autres formes d’accompagnement.

Le luth baroque et les instruments voisins : théorbe, archiluth, chitarrone

Le siècle baroque voit naître des exigences d’accompagnement qui modifient la facture des cordes pincées. L’apparition du continuo demande une assise grave plus dense pour soutenir voix et ensembles.

Pourquoi ajouter des basses ? Ajouter des cordes graves permet de jouer des notes de basse sans altérer la main gauche. Ces cordes à vide offrent une tenue harmonique longue et une meilleure projection des graves.

Différences d’usage entre théorbe, archiluth et luth baroque

Le théorbe est souvent privilégié pour le continuo : il fournit des basses profondes et une attaque adaptée à l’accompagnement. L’archiluth vise la polyvalence ; il combine capacité de basse et richesse polyphonique.

Le luth baroque reste l’outil soliste par excellence. Son grain plus fin convient aux suites et aux pièces écrites pour instruments seuls.

Quand choisir selon le répertoire

En ensemble baroque avec basse continue, optez pour le théorbe. Pour des cantates ou de l’opéra accompagnés, il tient la basse mieux que le luth.

Pour des suites françaises et du répertoire soliste, privilégiez le luth baroque. L’archiluth sert les formations mixtes qui demandent flexibilité et richesse harmonique.

Conseil pratique : à l’écoute, repérez le registre grave : des notes profondes et soutenues indiquent souvent un théorbe, une texture plus délicate signale un luth baroque.

Répertoire, compositeurs et luthistes : repères essentiels pour écouter et se cultiver

Suivez cette carte d’écoute pour repérer styles, écoles et interprètes. Elle aide à distinguer textures, ornementation et registres selon le siècle.

Renaissance

Points d’écoute : polyphonie, danses et fantasias.

Écoutez John Dowland (Angleterre) et Francesco da Milano (Italie). Les écoles de France et d’Europe centrale offrent des pièces riches en contrepoint.

Baroque

Attendez-vous à des suites, des styles nationaux et du continuo. Les noms clefs : Gaultier, Charles Mouton, Sylvius Weiss, Kapsberger.

Après le XVIIIe

Le recul survient par manque de projection et image élitiste. Le renouveau arrive fin XIXe, suivi de créations XXe–XXIe par des luthistes comme Jozef van Wissem ou Ronn McFarlane.

Où voir et entendre en France

Pour des concerts et collections, privilégiez le Musée de la musique et la Cité de la musique. La Société française de luth fédère événements et ressources.

  • Carte d’écoute : pavane de Dowland → pièce française style brisé → suite de Weiss.
  • Conseil d’écoute : repérez la texture, les basses et les ornements.
  • Ressource utile : compte rendu et références.

Conclusion

Bilan rapide : histoire, facture, accordages et pratique forment l’identité de cet instrument à cordes pincées.

La filiation oud → luth occidental explique l’arrivée des frettes et la polyphonie. Les formes varient selon le siècle, les choix d’accord et le diapason.

Comparé à la guitare, on note les chœurs souvent doubles, les chevilles à friction et la rosace sculptée. La tablature guide le doigté spécifique.

Pour débuter : identifiez les cordes et l’accord visé, travaillez l’attaque aux doigts et la lecture en tablature. Pour écouter, comparez une pièce Renaissance et une suite baroque.

En France, musées, concerts et associations locales offrent routes d’apprentissage. Au final, cet objet reste intime mais d’une richesse sonore et artisanale remarquable.

FAQ

Qu’est-ce qu’un luth et à quelle famille d’instruments appartient-il ?

Le luth est un instrument à cordes pincées, classé parmi les cordophones pincés selon la nomenclature Hornbostel‑Sachs. Il partage des traits avec la guitare moderne (touche frettée, caisse résonnante) mais conserve une forme en poire, un manche souvent plus court et des cordes disposées en chœurs qui lui donnent un timbre plus doux et articulé.

Pourquoi le luth est proche de la guitare, sans être une guitare ?

Ils ont des techniques communes — jeu aux doigts, accords, tablature — mais diffèrent par la construction : dos en côtes pour le luth, table et rosace sculptée, chevilles coniques et souvent plus de chœurs. Le luth utilise aussi des frettes en boyau et des diapasons variables, ce qui change le toucher et l’accord.

Quelles sont les origines du luth occidental ?

Le luth occidental descend de l’oud oriental, lui‑même hérité des traditions persanes et arabes. Le nom « luth » vient de l’arabe al‑ʿūd. L’instrument arriva en Europe via l’Espagne médiévale et évolua du XIVe au XVIIe siècle pour devenir l’instrument d’ars populaire et de cour qu’on connaît.

Comment le jeu a-t‑il évolué du monodique au polyphonique ?

L’introduction de frettes permettait des doigtés plus précis et favorisa le jeu d’accords. Les luthistes développèrent la polyphonie en superposant voix et basse, adaptant la technique pour accompagner dans les salons et les cours royales.

Quelles différences entre l’oud et le luth occidental aujourd’hui ?

L’oud conserve une forte tradition mélodique au Maghreb et au Moyen‑Orient, avec des cordes non frettées et un manche plus court. Le luth occidental, lui, a des frettes, des chœurs et un répertoire polyphonique lié à la Renaissance et au baroque.

Quels types de luths ont existé à la Renaissance et au Baroque ?

À la Renaissance, le luth à six chœurs était courant. Vers le baroque, on ajoute des chœurs graves et naissent des variantes comme le théorbe et l’archiluth pour répondre au continuo. Le diapason et le nombre de chœurs varient selon l’époque et la région.

Quels éléments influencent le son d’un luth ?

La taille de la caisse, le nombre de chœurs, le diapason et les matériaux (table en épicéa, dos en bois lamellé, cordes en boyau) façonnent le timbre. La touche et les frettes en boyau modulent la couleur et la justesse.

À quoi ressemble l’anatomie principale d’un luth ?

Caisse en forme de poire avec dos en côtes, table en épicéa souvent ornée d’une rosace, manche avec touche en ébène, tête coudée formant un angle prononcé et chevilles coniques pour l’accord. Chaque détail impacte la résonance et le confort de jeu.

Pourquoi certaines têtes sont‑elles coudées près de 90° ?

Cet angle stabilise la tension des cordes et permet une transmission efficace des vibrations vers la table. Sur les modèles anciens, cela facilite aussi l’ergonomie et l’accordage via des chevilles à friction.

Quelles cordes utilise‑t‑on traditionnellement ?

Le boyau reste la matière historique dominante, privilégiée pour sa chaleur de timbre. On trouve aussi parfois des cordes métalliques pour les registres graves ou pour des reconstructions historiques plus robustes.

Que sont les chœurs et comment fonctionnent‑ils ?

Un chœur regroupe généralement deux cordes jouées ensemble, souvent à l’unisson ou à l’octave. Les chanterelles (chordes aiguës) peuvent être simples. Cette configuration enrichit la couleur sonore et la projection.

Combien de cordes un luth peut‑il avoir ?

Selon l’époque : du luth Renaissance à six chœurs aux luths baroques dotés de nombreux chœurs supplémentaires et d’octaves graves. Le choix dépend du répertoire et des besoins d’accompagnement.

Comment s’accordait‑on à la Renaissance et au XVIIe siècle ?

L’accord Renaissance typique à six chœurs s’organise par quartes avec une tierce centrale. Au XVIIe siècle, en France, de nombreux systèmes coexistent avant qu’un accord en ré mineur gagne en popularité pour le répertoire national.

Existe‑t‑il un diapason standard pour le luth ?

Non. Le diapason varie selon le pays, l’époque et l’ensemble. Les luthistes adaptent la tension aux instruments d’accompagnement et à la justesse recherchée par le répertoire.

Comment apprend‑on à jouer du luth aujourd’hui ?

On travaille la technique aux doigts, l’attaque, l’angle et l’ornementation. La main gauche doit s’habituer aux frettes en boyau. Les tablatures anciennes restent la clé pour comprendre les doigtés historiques.

Quelles ornementations sont typiques du jeu de luth ?

Trilles, mordants, appoggiatures et petits glissandos sont utilisés pour colorer les lignes. Chaque école (Italie, France, Angleterre) possède ses propres conventions d’exécution.

Où trouver du répertoire et qui écouter pour se familiariser ?

Pour la Renaissance, cherchez des pièces de John Dowland et Francesco da Milano. Côté baroque, considérez Robert de Visée, Charles Mouton, Sylvius Leopold Weiss. En France, le Musée de la musique et la Cité de la musique conservent de belles collections et des concerts.

Pourquoi a‑t‑on inventé le théorbe et l’archiluth ?

Ces instruments ajoutent des basses prolongées pour répondre au besoin d’accompagnement continuo. Leur longueur de manche et les chœurs graves offrent une tessiture étendue utile dans les ensembles baroques.

Quand choisir un théorbe plutôt qu’un luth pour un répertoire ?

Préférez le théorbe pour le répertoire de continuo et les pièces exigeant des basses puissantes. Pour le répertoire soliste Renaissance ou des fantasias, le luth solo reste plus adapté.

Où voir des luths historiques en France ?

Le Musée de la musique (Philharmonie de Paris), la Cité de la Musique et des collections universitaires conservent des luths anciens. Des festivals de musique ancienne proposent aussi des démonstrations et des concerts.

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