Le luth est un instrument à cordes pincées, reconnaissable à sa caisse en forme de poire et à son dos bombé.
On l’entend comme un instrument précis — le luth occidental — mais aussi comme une catégorie en organologie.
Son fil historique relie la Perse et le monde arabe au cœur de l’Europe. Oud, théorbe, archiluth ou guitare partagent des traits, sans être interchangeables.
Cette page sert de repères rapides : termes, dates, caractéristiques et évolutions du manche, de la caisse et de l’accordage.
Au fil du texte, vous verrez l’évolution du mot, la technique de jeu, la construction et la place de cet instrument dans les familles musicales.
Pour approfondir l’historique et les variantes, consultez la fiche dédiée sur exionnaire.
Définition du luth (instrument à cordes pincées)
Dans le langage courant, le terme distingue le luth occidental, à frettes et polyphonique, de l’oud arabe, sans frettes et plus mélodique.
Au sens organologique, il s’agit d’un ensemble d’objets dont les cordes sont parallèles à un manche, selon le système Hornbostel‑Sachs. Cette catégorie regroupe donc des formes proches, mais pas identiques.
Comment reconnaître un luth?
- Manche attaché à une caisse arrondie et une table d’harmonie.
- Dos profond en côtes, chevillier souvent recourbé, rosace sculptée.
- Jeu aux doigts ou au plectre selon l’époque et la région.
| Critère | Luth occidental | Oud (luth arabe) |
|---|---|---|
| Frettes | Présentes (frettes mobiles) | Absentes |
| Fonction | Polyphonique, accompagnement | Mélodique, solo |
| Identification visuelle | Dos en côtes, rosace | Caisse ronde, manche plus court |
Mini‑guide : dans la suite de l’article, le mot sera surtout employé pour le modèle européen, tout en revenant à l’oud pour les comparaisons historiques.
Étymologie et origine du mot « luth »
L’étymologie du mot renvoie directement à l’arabe al‑ʿūd, littéralement « le morceau de bois ». Ce terme a traversé les langues via le commerce et les échanges culturels, puis a donné en Europe le mot que nous connaissons aujourd’hui.
La filiation est clairement orientale : les traditions persanes posent la forme générale, tandis que l’apport arabe influe sur la caisse et les usages. Sur plusieurs siècles, ce transfert s’opère par routes maritimes, marchés et contacts intellectuels.
Sur le plan organologique, le nom reflète une réalité simple : un instrument presque entièrement en bois dont la lutherie définit le timbre. Cette étymologie éclaire pourquoi la table, la caisse et le manche restent centraux pour la musique.
La transition de l’oud au luth occidental marque bientôt des changements décisifs, notamment l’ajout de frettes et la recherche de la polyphonie. Pour un complément documentaire, consultez la fiche Wikipédia.
Luth arabe (oud) et modèle européen : différences essentielles
La comparaison révèle deux approches complémentaires : l’une favorise la ligne mélodique, l’autre développe l’harmonie. Le mot couvre plusieurs réalités, d’où l’importance de préciser le type étudié.
Frettes et justesse
L’oud possède un manche court sans frettes. Cette caractéristique facilite les inflexions microtonales et un jeu fluide sur les cordes.
En Europe, l’ajout de frettes stabilise les hauteurs. Le résultat : une meilleure tenue des notes pour jouer des accords et des contrepoints.
Fonction musicale
Le modèle arabe reste essentiellement mélodique. Il accompagne chants et improvisations solistes.
Le modèle européen devient polyphonique. À partir du XIVe siècle, la pratique se complexifie et le répertoire s’enrichit.
Zones d’usage et repère chronologique
L’oud circule surtout en Afrique du Nord et au Moyen‑Orient. Le modèle européen se répand en Europe et coexiste avec la guitare.
Repère simple : la distinction se marque nettement dès le XIVe siècle, puis s’épanouit à la Renaissance.
- Oud : manche court, sans frettes, ligne mélodique.
- Modèle européen : frettes, polyphonie, répertoire harmonique.
- Géographie : contact historique entre régions, mais usages distincts.
Histoire du luth à travers les siècles
Les traces de cet instrument remontent aux cités mésopotamiennes, bien avant l’ère chrétienne. Des représentations datées autour de 3100 av. J.-C. montrent des prototypes qui diffuseront ensuite vers l’Orient proche.

Premières formes antiques : Mésopotamie et diffusion
Les objets anciens témoignent d’une arche technologique qui voyagera le long des routes commerciales. Les artisans adaptent bientôt la caisse et le manche à chaque région.
Arrivée en Europe via l’Espagne
L’introduction en Europe suit deux voies principales : l’influence mauresque en Espagne et les échanges liés aux croisades. Ces contacts apportent techniques, répertoires et pratiques de jeu.
Âge d’or : Renaissance et période baroque
Aux XVe‑XVIe siècles, l’instrument devient central dans la musique de cour et la pratique domestique. Le répertoire foisonne et la facture évolue.
Au baroque, on ajoute des chœurs graves et des accordages complexes. Le rôle dans la basse continue se renforce via des variantes comme le théorbe.
Déclin au XVIIIe siècle et redécouverte
Au XVIIIe siècle, la projection sonore manque face aux orchestres naissants. L’image élitiste limite son public et son usage recule.
La fin du XIXe siècle marque un renouveau : copies historiques, concerts et musées (notamment la Cité de la musique) permettent la relecture du répertoire ancien.
- Frise : Mésopotamie → diffusion proche‑orientale → Espagne → apogée renaissante → recul au XVIIIe siècle.
Les grandes parties du luth : caisse, table, manche et tête
C’est la caisse qui définit la voix : sa forme en poire et son dos profond favorisent la résonance et la richesse harmonique de l’instrument.
Le dos est très arrondi et composé de côtes : de fines lattes de bois collées bord à bord forment une coque bombée. Ce profil augmente la projection et colore le son.
La table, souvent en épicéa, joue le rôle vibratoire principal. Elle porte une ou plusieurs rosaces sculptées, plus proches d’une grille décorative que du trou rond d’une guitare moderne.
Le manche est en bois léger. La touche, fréquemment en ébène, se situe au même niveau que la table sur les modèles historiques. Cette disposition influe sur la hauteur relative et le toucher.
La tête ou chevillier forme un angle marqué. Les chevilles coniques fonctionnent par friction : elles assurent un réglage fin mais restent sensibles à l’humidité.
Glossaire rapide
- Caisse : enveloppe creuse qui résonne.
- Table : surface vibrante, souvent en épicéa.
- Dos : coque arrondie faite de côtes.
- Côtes : lattes collées formant le dos.
- Manche : support des frettes et de la touche.
- Touche : surface en ébène où se posent les doigts.
- Chevillier : tête porte‑chevilles anglée.
- Chevilles : piquets coniques assurant l’accord.
| Élément | Matériau habituel | Fonction acoustique |
|---|---|---|
| Caisse | Bois varié (noyer, érable) | Amplification, couleur |
| Table | Épicéa | Vibration principale |
| Dos / côtes | Bois mince en lattes | Projection et timbre |
| Manche / touche | Bois léger / ébène | Confort, précision des hauteurs |
Matériaux et lutherie : un instrument presque entièrement en bois
La lutherie ancienne privilégie la légèreté: chaque pièce de bois contribue au son. Le choix des essences, la finesse des côtes et la qualité du collage déterminent le timbre.
Bois de la table
La table est le plus souvent en épicéa, un bois résonnant et léger. Sa structure fibreuse favorise les vibrations fines et une réponse rapide aux attaques.
Assemblage du dos et renforts internes
Le dos se compose de côtes collées bord à bord. La précision du cintrage et des joints assure la stabilité et la forme de la coque.
À l’intérieur, des bandes de parchemin collées renforcent la coque. Elles augmentent la rigidité, limitent les fissures et maintiennent l’ensemble sans alourdir l’instrument.
Pratique à connaître : malgré son volume, l’objet reste très léger. Cela change la posture et la sensation de jeu. Attention à l’humidité et aux variations de température : les collages anciens sont sensibles et demandent un soin spécifique.
Pour en savoir plus sur la fabrication et le métier, consultez le métier de luthier.
Cordes, chœurs et nombre de cordes : comment le luth est monté
La manière dont on installe les cordes conditionne la couleur, la puissance et la tenue des notes.
Qu’est‑ce qu’un « chœur »? Un chœur désigne un groupe de cordes jouées ensemble, le plus souvent en paires. Cette organisation densifie le son et enrichit les harmoniques sans augmenter la force d’attaque.
Chanterelle et disposition
La chanterelle est la corde la plus aiguë. Elle est souvent posée seule pour donner articulation et clarté aux lignes mélodiques.
Dans certains montages tardifs, deux chœurs aigus peuvent rester simples. Cette option allège la touche haute et change l’équilibre sonore.
Matériaux : boyau et métal
Cordes boyau : majoritaires, elles offrent un timbre chaud et une souplesse agréable sous les doigts.
Les cordes métal restent rares. Elles augmentent la tension, donnent plus de projection, mais exigent une mécanique et une caisse adaptées.
Accord à l’unisson et à l’octave
Sur les chœurs aigus et médiums, on accorde souvent à l’unisson pour une attaque nette.
Dans les graves, l’usage d’unisson ou d’octave renforce la basse : l’octave apporte de la profondeur et aide la ligne d’accompagnement.
Exemples et variations historiques
Exemples numériques : un luth renaissance à 8 chœurs compte en général ≈ 15 cordes. Un modèle baroque à 13 chœurs atteint souvent ≈ 24 cordes.
Ces chiffres montrent qu’il n’existe pas de montage unique : largeur du manche, nombre de chœurs et choix des cordes évoluent selon l’époque et le répertoire.
| Caractéristique | Renaissance (8 chœurs) | Baroque (13 chœurs) |
|---|---|---|
| Nombre approximatif de cordes | ≈ 15 | ≈ 24 |
| Disposition des chœurs | Majorité de doubles, chanterelle simple | Multiples chœurs graves, variantes simples en aigu |
| Matériaux courants | cordes boyau | cordes boyau, quelques usages métallique |
| Effet sur le son | Chaleur, densité harmonique | Extension des basses, plus de puissance |
Note : le lien entre nombre de chœurs et largeur du manche influence directement la complexité des accords historiques. La section suivante explique ces accordages en détail.
Accord du luth : principes, variations et pratiques (Renaissance au XVIIe siècle)
L’accordage a façonné le répertoire et le jeu du luth pendant la Renaissance et jusqu’au XVIIe siècle. Il sert de base aux positions, facilite le contrepoint et oriente les choix de manche et de montage.
Accord Renaissance : le système de référence aligne la plupart des chœurs par quartes, avec une tierce majeure placée entre le 4e et le 3e chœurs. Ce point d’appui rend les renversements et les voix intérieures plus faciles sans recourir à des doigtés complexes.

Ajout de chœurs graves
L’ajout progressif de chœurs graves étend la tessiture et enrichit l’harmonie. Ces basses compliquent le doigté : la largeur du manche rend souvent les notes graves plus faciles à jouer en cordes à vide.
Diversité au XVIIe siècle
Au XVIIe siècle, surtout en France, règne une grande diversité d’accords selon écoles et répertoires. On passe du « vieux ton » (sol‑do‑fa‑la‑ré‑sol) au « nouveau ton » (la‑ré‑fa‑la‑ré‑fa) comme repères historiques.
Accord en ré mineur
En fin de siècle, l’accord « en ré mineur » s’impose sur de nombreux instruments baroques : il favorise les résonances, les pédales ouvertes et certains enchaînements harmoniques appréciés par les luthistes du luth baroque.
Pour des exemples d’anciens réglages et sources, consultez des études sur les accords historiques.
Diapason et justesse : pourquoi il n’existe pas de standard unique
La hauteur de référence varie fortement selon les pays, les répertoires et les pratiques en vigueur.
Diapason désigne la fréquence de référence, souvent la3. Il influence la sensation de tension, la brillance et l’équilibre au sein d’un ensemble.
Les sources historiques attestent une plage large : la3 oscille entre 392 Hz et 470 Hz. Cette amplitude montre qu’il n’y avait pas de norme universelle.
Plage attestée selon lieux et contexte
Les causes sont multiples : traditions locales, exigences du répertoire, accord des autres instruments et réglages propres aux artisans. Un instrument peut sonner plus chaud ou plus brillant selon le diapason choisi.
Pratique : un luth peut être accordé sous ou au‑dessus de la référence moderne A=440. La justesse perçue dépend alors du tempérament, des cordes et des frettes mobiles en boyau.
Conseil : plutôt que chercher « le bon diapason », privilégiez celui qui reste cohérent avec les sources, les musiciens et l’esthétique du siècle visé.
Jeu du luth : technique, posture et sonorité
Le geste du musicien façonne directement la couleur et la densité sonore de l’instrument. La posture stable est essentielle : l’objet repose sur la cuisse ou contre le corps, la main droite produit l’attaque, la main gauche gère les hauteurs.
Jeu aux doigts vs plectre : évolution des pratiques
Au départ, on utilise un plectre pour une attaque nette et brillante. Progressivement en Europe, le jeu aux doigts gagne du terrain pour sa souplesse et sa richesse polyphonique.
Différences : le plectre donne une dynamique plus forte ; les doigts permettent une gradation fine, plusieurs voix simultanées et des résonances de cordes à vide.
Main gauche sur la touche : frettes en boyau et contraintes du grave
Les frettes sont souvent des ligatures de boyau, nouées et réglables. Elles se déplacent avec l’usage et demandent des ajustements réguliers.
Sur les chœurs graves, la largeur du manche complique le doigté. Les basses sont souvent jouées à vide pour conserver la clarté et la résonance.

- Posture : stabilité pour un son précis.
- Attaque : main droite pour l’articulation.
- Hauteurs : main gauche pour la précision sur la touche.
- Écoute : son intime, attaques fines, importance des cordes à vide.
Tablature du luth : lire et écrire la musique autrement
La tablature transforme la lecture musicale en carte de gestes. Elle indique où poser les doigts sur la touche plutôt que de nommer les hauteurs. Ce système est donc orienté vers l’action du musicien.
Principe : positions des doigts plutôt que notes
La tablature montre la case et la corde à jouer. Pour un lecteur formé à la portée, la logique change : on lit l’instrument avant d’entendre la note. Les luthistes anciens pensaient en positions et en enchaînements plutôt qu’en solfège abstrait.
Conséquences sur l’apprentissage et la transmission du répertoire
Avantages : la tablature facilite les positions, les doigtés et la mémorisation des motifs. Inconvénients : elle complique la transposition et la comparaison entre accordages. Un même signe peut donner une hauteur différente si l’accord change.
- Transmission : manuscrits, impressions et écoles nationales ont diffusé des styles distincts.
- Répertoires Renaissance et baroque circulent souvent en tablatures régionales, outil précieux pour l’historien.
- Rôle des luthistes : ils ont normalisé partiellement certaines pratiques par copies et éditions.
Pour prolonger la lecture sur les pratiques proches, consultez l’histoire de la guitare, qui éclaire la circulation des répertoires et des notations.
Répertoire et rôle musical : soliste, accompagnement et ensemble
Aux XVIe–XVIIe siècles, cet instrument occupe à la fois le rôle de soliste et celui d’accompagnant. En cour, il soutient chants et danses grâce à une écriture polyphonique riche.
Polyphonie et musique de cour
À la Renaissance, le répertoire comprend fantasias, pavans, danses et transcriptions. Les pièces solistes exploitent la polyphonie et la finesse des voix internes.
Basse continue et grands instruments
Au baroque, la pratique de la basse continue impose des instruments plus graves. On recourt au théorbe, au chitarrone ou à l’archiluth pour obtenir une assise plus profonde et une meilleure tenue rythmique.
Compositeurs et références
John Dowland incarne la mélancolie anglaise (Lachrimae). Sylvius Leopold Weiss représente la virtuosité allemande. Denis et Ennemond Gaultier puis Robert de Visée illustrent l’école française. Les interprètes modernes Paul O’Dette et Hopkinson Smith ont remis ces œuvres en lumière.

| Rôle | Exemples | Impact sur l’instrument |
|---|---|---|
| Soliste | Fantaisies, pavans (Dowland) | Touches fines, frettes mobiles |
| Accompagnement | Chants, petits ensembles | Accordages favorisant les résonances |
| Basse continue | Théorbe, chitarrone en ensemble | Caisse allongée, cordes graves ajoutées |
Pour un aperçu des usages à la cour, consultez la page sur la musique de cour.
Luth définition : origine, formes et familles d’instruments
La famille instrumentale présentée ici regroupe des modèles très divers, du luth de cour au grand instrument de continuo.
Luth Renaissance : format standard, timbre fin et clair. On trouve souvent 6 à 12 chœurs, ce qui donne une richesse harmonique adaptée au jeu soliste et à la musique polyphonique.
Luth baroque : il gagne des chœurs graves (13–14 ou plus). L’accord en ré mineur devient courant tardivement pour renforcer les résonances et la basse continue.
Variantes pour le continuo :
- Théorbe : manche allongé, basses profondes pour l’accompagnement d’ensemble.
- Chitarrone : version italienne proche du théorbe.
- Archiluth : compromis entre instrument soliste et instrument de continuo.
Instruments voisins : l’angélique, la mandore, la guitare ou le biwa partagent le geste pincé. Ils diffèrent par la forme de la caisse, l’accordage et le répertoire.
Quand employer « luth » : utilisez ce terme pour le modèle européen historique. Précisez « théorbe », « archiluth » ou « chitarrone » quand la tessiture ou la fonction de continuo l’exigent.
Luth vs guitare, lyre, oud et mandoline : comparaisons utiles
Un examen côte à côte révèle comment la forme de la caisse module la projection et le timbre.
Différences de caisse et projection sonore
Dos profond et arrondi contre dos plat : la caisse en poire favorise un son plus rond et riche en harmoniques. La guitare, avec son dos plat, projette davantage et coupe mieux dans un ensemble.
Frettes, accordages et tessiture
L’oud reste sans frettes, ce qui permet des glissés et ornements microtonaux. Les frettes fixes fixent la justesse et facilitent la polyphonie.
Plus de chœurs et de cordes élargissent la tessiture vers les graves. Résultat : plus d’harmonie, mais un jeu plus exigeant sur la main gauche.
Mandoline et lyre : taille, attaque et logique
La mandoline est petite, avec des cordes métalliques et un jeu au plectre. Elle sonne brillante et très projective.
La lyre, modèle à cadre ouvert, fonctionne sur une logique différente : pas de caisse fermée, attaque simple et répertoire distinct.
« Regardez la forme de la caisse, la tête et la présence de frettes : ce sont les indices visuels les plus fiables. »
- Signes visuels : caisse en poire vs caisse plate, chevillier anglé ou plat, frettes visibles ou absentes.
- Pratique : testez une corde à vide pour sentir la tessiture et l’accord général.
| Comparaison | Caractéristique | Effet sonore |
|---|---|---|
| Guitare | Dos plat, cordes métal/nylon | Projection, attaque nette |
| Oud | Manche court, sans frettes | Glissés, timbre chaud |
| Mandoline | Petite caisse, cordes métalliques | Brillant, très projectif |
Héritage, redécouverte et place actuelle du luth (fin XIXe siècle à aujourd’hui)
Un regain d’intérêt pour les sources anciennes a provoqué la fabrication de copies fidèles et le retour des répertoires oubliés.
Renouveau avec la musique ancienne : à la fin du XIXe siècle, des musiciens et des chercheurs ont relu tablatures et traités. La recherche a favorisé la construction d’instruments sur modèles historiques. Ce mouvement a relancé la pratique en concert.
Survivances et traces modernes
Le parcours de l’instrument ne s’est pas interrompu après le XVIIIe siècle. On relève des apparitions notables : un théorbe et un chitarrone au Salon des Champs‑Élysées (1895) ou un luthiste accompagnant des films muets aux États‑Unis.
Luthistes et compositeurs contemporains
XXe siècle : des compositeurs comme Jacques Chailley, Yvonne Desportes et Jean Loubier ont inscrit l’instrument dans des écritures neuves.
XXIe siècle : des luthistes‑compositeurs tels que Jozef Van Wissem, Ronn McFarlane et Tsiporah Meiran créent aujourd’hui des langages personnels pour l’instrument.
« La musique ancienne n’est plus seulement un passé à reconstituer : elle inspire des formes contemporaines. »
Institutions et conservation : musées et collections jouent un rôle crucial. La Cité de la musique conserve, étudie et présente des pièces originales. Ces lieux soutiennent concerts, recherches et restaurations.
- Pourquoi cela compte : le répertoire retrouve sa couleur d’origine.
- Effet pratique : les musiciens bénéficient d’instruments et de sources pour interpréter fidèlement.
Conclusion
, Résumé : Cet instrument à cordes pincées reste à la fois un objet historique et une catégorie organologique utile pour comprendre les pratiques anciennes.
La filiation vient de l’oud mais la pratique européenne a ajouté frettes, polyphonie et chœurs graves. Ces choix modifient le timbre, l’accordage et le nombre cordes selon l’époque.
Visuellement, on reconnaît la caisse en poire, le dos en côtes, la table en bois résonnant et la rosace. Techniquement, la chanterelle, les chœurs et les variations du nombre cordes façonnent le son.
En musique, cet instrument a dominé la Renaissance et le baroque. Il a ensuite connu un recul puis un renouveau à la fin du XIXe siècle, rendu vivant par des interprètes et des recherches actuelles.
Pour retenir : pensez à la comparaison mentale luth vs guitare/oud/mandoline pour distinguer projection, frettes et tessiture.
